Notre fonctionnement

Notre fonctionnement en bref

L’Observatoire Citoyen de la Publicité (OCP) donne aux citoyen·nes les moyens de questionner les messages publicitaires qui les entourent.

À partir de vos signalements et après un travail de vérification, l’OCP identifie, documente et analyse des pratiques publicitaires problématiques.

En s’appuyant à la fois sur la participation citoyenne, l’expertise des organisations de la société civile, et une méthode rigoureuse et argumentée, l’OCP rend visibles des contenus publicitaires souvent banalisés, en éclaire les enjeux sociaux, environnementaux et éthiques, et contribue à nourrir le débat public sur les limites de la régulation actuelle de la publicité.
Cette page vous permet de comprendre comment fonctionne cet outil, ce que vous pouvez signaler et comment les analyses sont construites.

Comment fonctionne l'OCP

Le rôle de l'OCP

L’OCP est un outil citoyen porté par plusieurs associations. Son rôle consiste à :

  • Recevoir des signalements sur des contenus publicitaires problématiques/abusifs
  • Vérifier que les signalements rentrent dans les critères de l’OCP
  • Analyser les publicités signalées en s’appuyant sur des critères méthodologiques précis (pour plus d’informations, rendez-vous dans la FAQ)
  • Publier, à partir de vos signalements, des analyses approfondies des publicités pour alimenter le débat sur les mauvaises pratiques publicitaires

Le rôle des citoyen·nes

En tant que citoyen·nes, vous pouvez :

  • Signaler des publicités qui vous semblent problématiques (pensez à fournir des informations précises : plus votre signalement est documenté, plus il sera exploitable)
  • Consulter nos analyses pour apprendre à décoder les discours publicitaires et découvrir comment les publicités signalées sont décryptées par nos organisations expertes
  • Donner de l'écho au travail de l'OCP en relayant vos signalements et nos analyses à votre entourage et en les encourageant à participer

Le rôle des organisations expertes de l’OCP

Nos organisations mobilisent leur expertise pour produire des analyses de publicités :

  • Fondées sur des règles d’analyse précises (voir la FAQ)
  • Synthétiques, rigoureuses et documentées

Le processus de signalement

L’OCP reçoit, vérifie et analyse les signalements de publicités selon le processus suivant :

  1. Dépôt du signalement : vous envoyez votre signalement via notre formulaire en ligne

  2. Évaluation : nous vérifions que votre signalement relève de notre périmètre (vous pouvez en être informé·es par e-mail en laissant votre adresse)

  3. Publication : les signalements recevables sont publiés sur la page Publicités signalées

  4. Analyse : les organisations expertes réalisent des analyses de certaines des publicités signalées, que vous pouvez retrouver sur la page Nos analyses

Les signalements irrecevables ne sont pas publiés ; nous vous informons par e-mail des raisons pour lesquelles ils n’ont pas été retenus (si vous nous laissez votre adresse au moment du signalement).

Les types de publicités que vous pouvez signaler (ou pas)

Après avoir écarté les signalements indésirables (spams, trolls), l'OCP vérifie que les signalements reçus se situent dans son périmètre de travail. Ils doivent concerner des publicités :

  • diffusées dans les médias dits « traditionnels » visuels ou audiovisuels (cinéma, TV, presse, affichage) ou sur internet (image ou vidéo publicitaire sur des sites internets ou des réseaux sociaux)

  • diffusées en France

  • à vocation commerciale (qui fait la promotion d’un bien, d’un service) ou institutionnelle (qui valorise l’image d’une entreprise ou d’une marque)

N'est pas recevable un signalement qui porte sur...

  • De la publicité dissimulée : qu’il s’agisse de publireportage (des contenus qui prennent la forme d'un article éditorial mais sont en fait financés par des marques) ou d'un partenariat entre une marque et un.e influenceur·euse
  • Une campagne menée par une association ou un acteur public
  • Une campagne d’une petite ou moyenne entreprise diffusée à l’échelle locale
  • Les prises de parole d’une marque hors dispositif publicitaire (publications sur ses réseaux sociaux, communiqués de presse, etc.)
  • Des contenus de communication commerciale qui se situent en dehors de la publicité traditionnelle (tels que les prospectus, le démarchage téléphonique, la publicité sur le lieu de vente, le packaging d’un produit, l’e-mailing, des contenus d’un site marchand, etc.)
  • Une plainte ou réclamation individuelle relative, par exemple, à un produit défectueux ou à une arnaque commerciale
Lorsque votre signalement est considéré comme irrecevable, il est intégré à notre base de données et exploité à des fins statistiques, mais il :
  • n'est pas publié sur le site de l'OCP
  • ne peut pas faire l'objet d'une analyse

Les types de contenus que vous pouvez signaler

L’OCP se concentre sur trois grands types de mauvaises pratiques fréquentes dans les discours publicitaires, et sur lesquelles les organisations de l’OCP disposent d’une expertise reconnue.

Discours publicitaires trompeurs

Il s’agit de publicités qui donnent une image faussée d’un produit ou d’une marque et peuvent induire le public en erreur par rapport à la réalité. Cela inclut notamment :

  • Le greenwashing (« écoblanchiment ») : lorsque le message publicitaire exagère ou déforme les qualités écologiques ou environnementales d’un produit, ou la réalité du modèle économique de la marque

  • Le socialwashing (« blanchiment de l’image sociale ») : lorsque la publicité donne une image trompeuse des conditions de production d’un produit ou des pratiques sociales de l’entreprise, notamment en matière de droits humains et de droits du travail

Discours incitant à la surconsommation

Il s’agit de publicités qui incitent à consommer toujours plus ou qui rendent banals des comportements peu durables. Cela concerne notamment :

  • les comportements de gaspillage : lorsque la publicité pousse à jeter plutôt qu’à réparer, encourage des usages non durables ou crée une forme d’obsolescence marketing, en incitant à remplacer un produit encore fonctionnel par un modèle neuf

  • les comportements d’accumulation : lorsque des produits sont présentés comme « indispensables », alors qu’ils ne répondent pas à des besoins réels

Discours stigmatisants

Il s’agit de publicités qui diffusent des stéréotypes, c’est-à-dire :

  • des idées préconçues sur certaines catégories de personnes (selon le genre, l’âge, l’origine, la religion, etc.) et

  • qui peuvent avoir des effets négatifs sur les personnes concernées (exclusion sociale, dégradation de l’estime de soi) et contribuent à maintenir des rapports de domination dans la société

Cela inclut par exemple le publisexisme (des publicités qui véhiculent des stéréotypes de genre et représentent les femmes ou les hommes de manière réductrice ou discriminante).

Autres discours

Vous pouvez signaler d’autres types de discours publicitaires que vous jugez problématiques :

  • D’autres discours trompeurs, incitant à la surconsommation ou stigmatisants que ceux mentionnés précédemment

  • Des discours relevant d’autres discours problématiques (par exemple des discours violents ou de banalisation)

Foire aux questions

L’OCP est-il une autorité de régulation de la publicité ? Non. L’OCP est un outil qui permet aux citoyen·nes de signaler des contenus publicitaires problématiques et aux organisations de la société civile de les analyser et de les documenter. L’OCP a pour objectif d’alimenter le débat public sur les limites de la régulation actuelle de la publicité. Il ne se substitue ni à la justice ni aux administrations compétentes. L’OCP n’est pas non plus un organe d’autorégulation de la publicité. L’OCP agit en toute indépendance pour informer et sensibiliser.
Lorsqu’un signalement est publié sur le site de l’OCP comme « recevable », cela signifie-t-il que la mauvaise pratique est avérée ? Non, pas à ce stade. L’étude de la recevabilité d’un signalement ne permet pas de conclure qu’une mauvaise pratique est avérée ou non. Il s’agit d’une étape préalable qui consiste uniquement à vérifier que le signalement est cohérent, transmis de bonne foi et qu’il entre bien dans le périmètre d’action de l’OCP.
Lorsqu’un signalement recevable fait l’objet d’une analyse approfondie, cela signifie-t-il que la mauvaise pratique est avérée ? Pas forcément. Lorsqu’une organisation experte analyse une campagne signalée, c’est souvent parce qu’elle estime que cette campagne est représentative de pratiques qu’elle questionne ou dénonce. Il peut arriver qu’après examen approfondi, l’organisation conclue que la mauvaise pratique n’est pas avérée. Dans tous les cas, l’analyse est publiée sur le site de l’OCP.
Comment sont analysées les publicités et sur la base de quelles règles ? Les analyses de l’OCP combinent deux éléments :
  • l’analyse du discours publicitaire  : décryptage des mots, visuels, symboles et mises en scène, afin d’identifier les messages explicites et implicites, les procédés de persuasion et les représentations sociales qu’ils véhiculent
  • leur confrontation à des règles destinées à encadrer les discours des marques
Ces règles peuvent être :
  • Légales: loi et règlement (par exemple sur les pratiques commerciales trompeuses)
  • Non contraignantes: guides publics (guide des allégations environnementales du Conseil National de la Consommation de 2023, guide anti-greenwashing de l’ADEME), recommandations professionnelles (notamment les recommandations « Développement Durable » ou « Image et respect de la personne » de l’ARPP) ou rapports (notamment « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable » réalisé en 2024 par les inspections générales des ministères de l’Économie, de l’Environnement et de la Culture)
  • Complémentaires: proposées par les organisations qui réalisent l’analyse lorsque les règles existantes paraissent insuffisantes pour qualifier la mauvaise pratique signalée
L’OCP dispose-t-il de son propre corpus de règles ? Pour le moment, l’OCP ne dispose pas d’un ensemble de règles propres. Pour analyser les discours, il s’appuie sur l’ensemble des règles existantes (légales ou non contraignantes) et permet aux organisations expertes de proposer, dans leurs analyses, des améliorations ou des règles complémentaires lorsqu’elles considèrent que les règles existantes. sont insuffisantes.
Quelle est la légitimité de l’OCP pour “juger” les contenus publicitaires ? L’OCP ne « juge » pas directement de la conformité des campagnes publicitaires aux règles. Chaque analyse est réalisée par l’organisation qui la signe, au cas par cas, et non par l’ensemble des organisations. Le rôle de l’OCP est de créer les conditions pour que ses membres et partenaires puissent procéder à cette évaluation. Sa légitimité repose sur sa double dimension : participative (grâce aux signalements des citoyen·nes) et experte (grâce aux associations qui disposent d’une solide maîtrise des enjeux relatifs aux mauvaises pratiques publicitaires : tromperie, incitation à la surconsommation, stigmatisation).